Précipitation

Non je ne parlerai pas de le pluie (et accessoirement du beau temps).

L’état des lieux de ce blog est probant. Oui, ça fait maintenant un petit moment que je n’ai rien posté. C’est peut-être triste (ou pas). Il n’est pas abandonné. Il faut juste du temps, et c’est ce qui me manque, non pas que je sois submergée par une quantité pharaonesque de travail mais bon.

C’est donc la précipitation. Les partiels commencent vendredi… et Noël approche. Rien à voir me direz vous mais pourtant si. Les courses de Noël, l’organisation à planifier, les invitations un peu partout…

Le corps des femmes criminelles, de l’Antiquité à nos jours

Conférence 10/10/09 dans l’Amphi 1 de l’Antenne Universitaire

Intervenant(e)s : FREDERIC CHAUVAUD, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Poitiers, ANNIE DUPRAT, professeure d’histoire moderne à l’IUFM de Versailles, CLAUDE GAUVARD, professeure d’histoire médiévale à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne, GUILLAUME MAZEAU, maître de conférences en histoire de la Révolution à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne, PAULINE SCHMITT-PANTEL, professeure d’histoire grecque à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, MYRIAM TSIKOUNAS, professeure d’histoire et audiovisuel à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, responsable de l’équipe Images, sociétés, représentations.

Eternelles coupablesQuatrième de couverture :

Qu’y a-t-il de commun entre Ève, la première femme criminelle qui aurait été l’initiatrice du péché, Brunehaut condamnée, aux premiers temps du Moyen Âge, pour sa cruauté, à être traînée par des chevaux emballés, l’ogresse Jeanne Weber qui, au XXe siècle, asphyxia une dizaine de nourrissons et les sœurs assassines Christine et Léa Papin qui, en 1933, se déchaînèrent sur leurs patronnes ?

L’infanticide, la sorcellerie, le poison, voire le vol sont-ils, comme on le dit communément, le propre des femmes?. Sans nier la réalité du crime, les regards, essentiellement masculins, que porte la société sur les femmes fautives tiennent lieu de réponse. Des vases antiques aux reportages télévisuels en passant par les miniatures médiévales, les tableaux de genre et les couvertures du Petit Journal, l’image est outrée, réductrice, stéréotypée, sans doute parce que la violence fait sortir les femmes du rôle attendu qui leur est conféré : celui de mère, d’épouse, de façon générale de porteuse de paix, de fécondité et de douceur.

La représentation des femmes délinquantes n’illustre pas seulement l’histoire d’une transgression des normes, elle distille les rapports implicites entre le masculin et le féminin. Historiens, historiens de l’art, juristes et politistes se sont ici réunis pour penser le phénomène sur la longue durée. En commentant ici plus de cent reproductions d’œuvres d’arts de journaux, d’affiches, etc., ils décèlent le rapport entre les clichés et la société qui les façonne et les colporte en les réadaptant subrepticement pour leur permettre de survivre.

Ces permanences commencent à se rompre aujourd’hui sous l’effet d’un espace public et d’une culture de masse dont les femmes sont de moins en moins exclues.

Débat :

Comment se fait la représentation des femmes criminelles ? Tout d’abord, entre 4 et 17% des crimes sont commis par des femmes. On les explique pendant longtemps comme inhérentes à la nature (pulsionnelles) des femmes. Ce n’est qu’au XXè siècle avec l’apport de la sociologie et de Durkheim que l’on étudie les femmes à part entière. Leur action est souvent stéréotypée : sorcière… Héritage des clercs médiévaux : la femme trompe. La première femme trompée est Eve et Lilith est la première criminelle.

Pauline SCHMITT-PANTEL pour l’Antiquité

Grandes différences entre le mythe et la réalité. Nous n’avons pas d’image réelle de l’Antiquité. Cependant grande imagination pour la mythologie. Pandora créée comme un beau mal (kalos kakon : καλός κακόν) est une des première criminelle. Autre exemple : Médée.

Médée

Il s’agit d’une image du IVè BC sur une amphore. On la voit tuer ses enfants. Elle est dépossédée de son rôle d’épouse par Jason qui a décidé d’épouser la fille du roi de Corinthe. Représentée comme un personnage barbare (cf. vêtement, ceinture, coiffure avec un bonnet phrygien). Aspect non-grec, extrême violence de la scène ; le fils est jeté comme un animal sacrifié (autel). Collusion meurtre/sacrifice. Ici on ne le voit pas mais comme dans l’ensemble de ce type de scènes, il y a un homme impuissant.

Image de Penthée tué par les Ménades, écartelé. La violence peut être légitimé (sorte de légitime défence). Pas de discours sur une nature criminelle des femmes.

Le meurtre d’Agamemnon représente une femme (Clytemnestre) complice du meurtre de son mari. Le meurtre de Cassandre (ci-dessous) est très violent. Cassandre fait un geste de supplication. On retrouve à nouveau dans cette image des objets religieux : autel, trépieds, double hache sacrificielle, rameau de laurier (scène apollinienne). Dans la représentation grecque, il y a une collusion acte sacrificiel/meurtre.

Cassandre

Guillaume MAZEAU pour la Révolution Française :

Charlotte Corday est bien souvent représenté comme une héroïne. Son statut de criminelle ne va pas de soi. Rappelons qu’elle est l’assassinat de Marat. Elle a pendant longtemps obnubilé des Français. Elle est un des éléments les plus représentés de la Révolution et aussi connue que Jeanne d’Arc. Sur son corps se concentrent plusieurs enjeux : politique (Révolution/contre-Révolution), sexuel. Elle est un support de la guerre des portraits (parfois, anti-modèle de criminelle qui la discrédite en la représentant avec une perruque aristocrate, des rubans verts du comte d’Artois, une posture agressive, etc.). Puis construction à la manière d’un homme de par son utilisation du couteau. D’autre moyens sont utilisés pour disqualifier Charlotte Corday comme à travers des images pornographiques ou érotiques, sorte de viol de Marat par Charlotte. Puis, elle sera véritablement assimilée à une héroïne et son portrait se trouve mélangé à celui de Marianne.

Corday et Marat

Annie DUPRAT pour l’époque moderne :

La Brinvilliers

On trouve le plus souvent uniquement des figures de femmes célèbres : La Brinvilliers et l’affaire des poisons (ci-dessus, scène de son supplice à la manière des victimes de l’Inquisition) La Voisin… Cependant, en Angleterre, on trouve des représentations de femmes criminelles. Catherine Hayes (crime domestique par empoisonnement) s’est débarrassée de son mari avec l’aide de ses fils. Cette histoire est très médiatisée. En 1777, Marie Louise Desrues est elle une victime. C’est son mari qui est assassin et elle, considérée comme complice qui est exécutée par des émeutiers lors des massacres de septembre 1792 alors qu’elle était à la Salpétrière. Mary Blandy est pendue en 1752. Naïve elle écoute son futur mari qui lui conseille donner une certaine poudre à son père pour l’amadouer. Elle tue son père à l’arsenic sans comprendre.

Frédéric CHAUVAUD pour la période contemporaine :

Les bonnes et les servantes sont un “peuple souverain avec un corps invisible dont le corps est révélé par le crime. En 1908 à lieu la première thèse sur les servantes criminelles. Leurs actes sont très violents. Ne s’agit-il pas de crimes de haine ? C’est en tout cas une des questions posée par les historiens. La violence contre les corps est une sorte de révolte sociale extériorisée. Cependant, ces femmes sont peu représentées, le plus souvent, les images proviennent des procès.

Cycle histoire

Un peu absente en ce moment. Je m’en excuse. A venir, de nombreux articles à propos des Rendez-vous de l’Histoire de Blois auxquels j’ai assisté et qui se sont déroulés du jeudi 8 au dimanche 11 octobre 2009. Pour la 12è édition, le sujet choisi était : Le corps dans tous ses états. Je vous propose donc aujourd’hui une première conférence.  Tous mes textes sont aussi visibles sur un autre site : Corps à corps avec l’Histoire. Il regroupe le travail de tous les élèves de l’UEL “Autour des Rendez-vous de l’Histoire” de l’Université François Rabelais de Tours qui ont assisté avec moi à cet évènement.

Je mettrai en ligne les autres articles au fur et à mesure. Ci-dessous, le premier d’une série de six.

Histoire du corps en Occident

Conférence 08/10/09 à la Maison de la Magie

Invité : Georges Vigarello
C’est dans ce lieu étonnant qu’est la Maison de la Magie, dans une grande salle de spectacle que se déroule la conférence de Georges Vigarello, directeur d’études à l’EHESS. Le traitement du sujet se fait en cinq points :

  • Que s’est-il passé avant ?

Il y a un double mal-entendu dû à la sensation de l’inexistence auparavant de cet objet d’étude qui ne paraissait pas intéressant (pourtant il y a bien eu des interrogations sur la question de l’hygiène ou de la santé) et au sentiment du désintéressement de la part des historiens (c’est encore une erreur, il s’agit seulement d’une approche différente, telle que celle des sciences sociales).

  • Malgré ce mal-entendu, pourquoi finalement cet intérêt ? C’est-à-dire pourquoi cet objet à pris de l’importance ?

  • En quoi cet objet permet d’inventer des lignes historiques, des saisies de thématiques historiques pour des thèmes qui n’étaient pas pris en compte ?

  • Quelles en sont les interprétations et les liens qui existent avec des thématiques historiques beaucoup plus larges ? Le corps n’est pas limité à une étude clinique.

  • Quelles sont les logiques corporelles ?

I. Double mal-entendu


A partir des années 70, on commence vraiment à parler du corps, avec une sensation de libération. Et souvent on se dit qu’on n’a pas vraiment parlé du corps avant. Le corps restait silencieux, caché, étouffé, refoulé. On serait alors passé d’une civilisation contre le corps à une civilisation moderne du corps.
Or, Georges Vigarello réfute cette conception car la notion de corps a toujours existé. Mais aujourd’hui on peut se poser la question d’un regard différent. Comment peut-on aujourd’hui poser autrement la question du corps ?

La description du corps des chevaliers au Moyen-Âge diffère complètement de la description des corps à la Renaissance (cf. les romans des différentes époques). Alors qu’on insistait sur les capacités alimentaires, la puissance, le corps droit… etc. , les tableaux de la Renaissance imposent l’acceptation du nu académique. D’autre part, si on lit Mme de Sévigné on aborde le quotidien dans son aspect le plus immédiat. En effet, celle-ci prodigue à sa fille des conseils relatifs à la nourriture ou au comportement par exemple, et donc on voit déjà l’inquiétude du mieux vivre et des soins à porter au corps. Enfin, avec le sport, Georges Vigarello va jusqu’à parler de changement de civilisation au XIXè siècle (du moins est-ce un forte impression). Un nouveau corps se découvre.

Qu’en est-il du point de vue des historiens ?

Comme nous venons de le dire, le corps est longtemps absent chez les historiens. Selon Winkelmann, historien de l’art, l’art évolue avec la civilisation. On observe des impacts sur le corps. En ce qui concerne Michelet, le corps a selon lui toujours existé de la même manière (cf. le fameux épisode du Camp du Drap d’Or qui opposa François Ier à Henri VIII). Toutefois, Georges Vigarello précise bien que le corps a existé de façons différentes selon les époques. Enfin, le géographe Paul Vidal de la Blache qui a fait une introduction à l’histoire de Lavisse, étudie lui le corps selon les déterminantes du sol et du climat qui exercent des contraintes sur le corps vivant (ex : œkoumène). On voit bien par là que les historiens se sont intéressés au corps.


II. Pourquoi alors cet intérêt ?

Lucien Fevre, qui a été à la tête de l’École des Annales, est un des premier à ce poser des questions. En 1924, il écrit La Terre et l’évolution humaine dans lequel il s’interroge sur la vie quotidienne des individus au XVIè siècle. Les conditions de vies physiques imposent des types de relations, de comportements et de décisions à la Cour. Cela conduit Lucien Fevre à exposer la chose suivante : la prise de décisions par rapport aux choses est très difficile à faire. Ainsi, la condition corporelle entraine des modes d’existence, de faire, de penser.

Jamais il n’y a eu un investissement sur le corps comme aujourd’hui. Nous vivons dans un corps auquel nous attachons qualitativement plus d’importance. Ceci veut dire que dans nos sociétés individualistes, il y a un investissement sur le présent : je suis ce que je ressens. Le corps est l’emblème de ce que l’on est. Alors qu’au XIXè siècle, le corps renvoie à l’appartenance sociale et le métier. Ces repères se sont effondrés.

Les sciences humaines et sociales ont tenté d’objectiver. Elles aident à nous donner des concepts qui sont des outils.

- La psychologie : le corps a une représentation, j’ai des repères internes en moi. Il y a donc une image du corps. Chacun a des images du corps spécifiques, par exemple au Japon, la place du ventre (lors du harakiri) est fondamentale. Dans les années 20, le mouvement physique ne prend plus son point de départ dans l’inconscience mais dans l’organique. Il s’agit donc d’une logique d’action.
- La sociologie : Bourdieu montre que l’habitus est une loi qui s’inscrit dans notre propre corps qui vient du social, qui est structurée et structurante.

- L’anthropologie : c’est dans le corps que se dessine le social (cf. Tristes Tropiques de Levi-Strauss).

Le corps occidental est caractérisé par une enveloppe qui a une limite physique. Elle est complexe car elle doit être poreuse à certaines périodes. Mais elle est de plus en plus nette. Et elle l’est d’autant plus que le corps ne supporte pas d’être agressé. Ceci peut être révélé dans l’étude de l’habitat.

III. Le problème de l’Histoire, l’invention d’objets

Tous les sujets en rapport avec le corps sont intéressants à partir du moment où l’on dit que le social, l’alimentation, l’apparence… etc se répercutent sur le corps. C’est donc en quelque sorte un espace qui s’éparpille sans fin. Là, on ne semble alors pas inventer d’objets.

Dans le livre d’A-M. Fugier : Les Bonnes, on voit que dans le monde bourgeois de la fin du XIXè siècle, il y a une manière physique d’installer une hauteur entre la bonne et les bourgeois grâce notamment à des trajet particuliers, de la nourriture, des soins…

Autre exemple, Les larmes prennent un sens nouveau à la fin du XVIIIè siècle. Elles expriment une sensibilité plus forte. Un homme peut pleurer en public. D’autres exemples montrent indéfiniment comment on s’invente des objets. De même le bronzage est une nouveauté, un signe de démarcation, et ceci dès l’accès aux loisirs. Autre exemple l’histoire du visage, sujet improbable, fait pourtant partie des thèmes d’études actuels. Tous ces genres de sujets s’avèrent alors centraux.

IV. Nouvelles thématiques historiques et interprétations

Il y a une véritable fécondité des interprétations. On a maintenant à notre disposition une manière de parler autrement de ces objets d’études, en pensant notamment à l’apport de la psychologie, sociologie ou anthropologie… On peut parler autrement du social, de la culture et de la politique. Le social procède de la distinction dans laquelle le corps joue un rôle très important. L’histoire du vêtement par exemple (cf. conférence de Daniel Roche) montre son pouvoir structurant (plus qu’un effet de mode). De même, l’étude de l’allure allie sociologie et histoire des postures du corps, notamment visibles dans les diverses représentations du corps.

V. Constructions de logiques

Elles concernent les représentations du corps. Le travail sur le corps devrait toujours éviter l’émiettement au profit de la synthèse. Georges Vigarello développe ceci en deux points ; les logiques partielles et les logiques globales :

  • Les logiques partielles vont de l’intuitif au distancié/au complexifié.

Par exemple au Moyen-Âge, la consommation des épices cause un ébranlement sensé apporter de l’énergie. D’où, logiques de la sensation, de la ressemblance (ex : identification de l’homme à un animal), de la forme (ex : femme représentée toute en rondeur pendant tout un temps), des lieux (ex : histoire des maladies)…

  • Les logiques globales traversent l’ensemble du corps, lié à la culture, la société… Elles vont de l’homogène à l’hétérogène.

Le corps est fait d’humeurs (c’est la vision de l’Antiquité). Les objets du corps sont liquides. On observe à cette époque un regard particulier à la nourriture. La nourriture doit être la plus pure possible, l’ai respiré aussi, ainsi que le vêtement. Ceci vient du fait que tout passe par le corps et l’on considère que tout ce qui est en contact avec lui doit être sain afin de limiter les maladies. A partir d’un même repère on observe cependant des représentations différentes (vêtement ample pour laisser s’échapper les mauvaises humeurs ou au contraire, vêtement resserré pour limiter le contact peau/air vicié).
L’énergie permet de transmettre de la force. Le corps constitue une lieu de combustion (découverte de l’oxygène). Conséquences innombrables comme consommer de l’air le plus oxygéné possible. Ceci à des déterminantes sur la santé.

On pourrait encore développer de nombreux exemples mais dans l’ensemble, en partant de l’homogène, on parvient inlassablement à des pratiques hétérogènes.

Conclusion

L’histoire du corps est très diversifiée et porte parfois sur des sujets inattendus. Les données ne sont pas que juxtaposées. Nous sommes orientés vers une façon de faire l’Histoire sur une période, ce que Georges Vigarello regrette. La spécialisation des historiens est dommage car il faut penser sur le long terme. Outre la spécialisation qui reste toutefois nécessaire, il faut aussi dépasser cela par des recherches qui traversent le temps, nous faisant comprendre les bascules culturelles et qui permettent de nous interroger sur les questions d’aujourd’hui.

L’abeille, Paul Valéry

Paul ValéryDorénavant, une fois par semaine, je vous proposerai (ou du moins j’essaierai de m’y tenir) un poème ou un extrait de roman, d’article de presse ou de tout autre texte qui me plaît.

Pour commencer avec cohérence, je ne pouvais pas passer à côté de ce sonnet de Paul Valéry ; tout est dans le titre.


L’ABEILLE

Quelle, et si fine, et si mortelle,

Que soit ta pointe, blonde abeille,

Je n’ai, sur ma tendre corbeille,

Jeté qu’un songe de dentelle.

*

Pique du sein la gourde belle,

Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,

Qu’un peu de moi-même vermeille

Vienne à la chair ronde et rebelle !

*

J’ai grand besoin d’un prompt tourment :

Un mal vif et bien terminé

Vaut mieux qu’un supplice dormant !

*

Soit donc mon sens illuminé

Par cette infime alerte d’or

Sans qui l’Amour meurt ou s’endort

Le Pavillon d’Or de Yukio Mishima

Le Pavillon d'Or Lecture estivale.

J’avais envie d’une petite vague de littérature japonaise. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour lire ce livre, qui finalement, pour ainsi dire, se dévore. Conseil de mon professeur de lettres d’hypokhâgne, je ne suis pas du tout déçue de cette première immersion dans la littérature japonaise grâce à cet auteur.

Quatrième de couverture :

Sans rien changer à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait presque le crissement de la soie frottée par l’envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle pris dans ses mains l’une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu’elle se mettait à la pétrir. L’officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d’un noir profond. Sans prétendre l’avoir, à la lettre, vu, j’eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l’écume verdâtre emplissait la tasse sombre – s’y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites taches -, de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse.

Mon avis : Superbe découverte ****

L’esthétisme de l’écriture est frappante et l’on sent que chaque mot a sa place choisie et déterminée. Yukio Mishima est sans conteste l’une des plus grande figure de la littérature contemporaine, et pas seulement au Japon. Son style travaillé et son vocabulaire recherché m’ont touchée. Il laisse apparaître la sensibilité des personnages auxquels on s’attache et on s’émeut. Outre la beauté de l’écriture qui est caractéristique chez son auteur, il y a aussi tout au long du roman d’autres facettes que l’on ne tarde pas de découvrir : réflexions sur le bouddhisme zen et l’art de la méditation, réflexion philosophique sur l’essence de la Beauté…

On côtoie l’histoire du Pavillon d’Or, le temple de Rokuonji à Kyoto, à travers les yeux d’un jeune étudiant à la fois fasciné par sa beauté et empli de haine à son égard : son projet est de le détruire lors d’un terrible incendie qui surviendra d’ailleurs en juillet 1950. On peut penser qu’il s’agit simplement de l’histoire d’un fait divers, mais les jeux de regards dépassent ce niveau et subliment toutes choses. Les ambiguïtés des comportements, des personnages, des points de vues font du fait divers la tentative d’un acte. Car c’est bien cela que l’on suit tout au long du livre, faire de l’indestructible, une entité détruite. Anéantir la suprême Beauté.

Extrait (p 240, éd. Folio 1961) :

Sans m’étendre longuement, je dirais simplement ceci : quand le Pavillon d’Or surgissait dans l’absolu de son éternité, et que je ne voyais plus les choses qu’à travers lui, le monde se métamorphosait de la façon que j’ai dite et, dans ce monde ainsi métamorphosé, seul le Pavillon d’Or gardait sa forme, détenait la Beauté, tout le reste retournant en poussière. Depuis que, dans le jardin du temple, j’avais piétiné le ventre de la prostituée, depuis la mort de Tsukurawa, je ne faisais que me poser sans cesse la question : “Le Mal est-il, malgré tout, possible ?”

Le retour à la terre

Le retour à la terre, comme la bande-dessinée du même nom, c’est le retour en Touraine. Le retour au quotidien ; fin des vacances, ou presque. Pause. Coupez.

Et puis bientôt, la rentrée. Pas encore mais presque, le 21 seulement. Du changement en perspective. Fin de la prépa. Perdu le statut de khâgneuse. Bonjour la fâkheuse. Pas encore inscrite en L3 mais dans quelques jours normalement tout devrait être en ordre. Si la bureaucratie ne m’a pas achevée avant.

Retour à la terre

Vacances

Parce que vacance rime avec absence.

Ile de Noirmoutier

Ile de Noirmoutier

Eh oui, je pars, je m’absente, je vais en vacances. Me tremper les pieds dans l’Atlantique. Butiner en quelque endroit fleuri. Papillonner sur la plage. Bourdonner un peu partout… Et surtout enfin pouvoir travailler (un peu quand même) lire, lire, lire ! Dans mon panier garni : Guerre et Paix de L. Tolstoï (tomes 1 et 2), Mon Traître de S. Chalandon, La mer de fertilité de Y. Mishima (tomes 1, 2, 3 et 4), Mon nom est Rouge de O. Pamuk, etc…

Music : Bon voyage de Mathieu Boogaerts.

Monsieur Patère

Découvert alors que j’allais au cinéma… dans les toilettes.

Peut-être le début d’une série de clichés insolites, qui sait…Mr Patere

Music : Everythings in its right place, Radiohead.

La Coudre

Petite journée en campagne tourangelle. Reposante, fraîche et ensoleillée. Déjeuner sous les tilleuls. Ciel bleu et nuages moutonnants. Farniente sur une chaise-longue, Guerre et Paix à mes pieds. Le calme… L’été approche et les abeilles bourdonnent en cœur autour de nous.

La Coudre 121La CoudreLa Coudre 117

La Coudre, petite propriété de mes grands-parents depuis l’après-guerre. Elle doit son nom vient de l’abondance de noisettiers (ou coudrier). Et puis aussi par hommage. Pour les Celtes, le coudrier aurait des branches magiques. D’ailleurs, les sourciers l’utilisaient pour découvrir des sources… Encore aujourd’hui, la fameuse baguette n’est pas tombée en désuétude !

Questionnaire de Proust

Je vous propose aujourd’hui de vous livrer au questionnaire de Proust.

La règle est simple : Il suffit de remplir le questionnaire avec ses propres réponses, de citer le nom du blog qui vous a tagué et de taguer à votre tour 5 personnes de votre choix (ce point n’est pas une obligation, mais jouer le jeux est plus intéressant :-) ) et les prévenir.

Alors je choisis de taguer : Lavinie, Mimylasouris, Bamboo, Hadrien MacBland, Larkéo, et tout autre qui souhaite y participer.

QUESTIONNAIRE :

Ma vertu préférée : la sincérité

Le principal trait de mon caractère : la discrétion

La qualité que je préfère chez les hommes : la sensibilité

La qualité que je préfère chez les femmes : la sagesse

Mon principal défaut : impulsive

Ma principale qualité : attentive

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : leur  fidélité

Mon occupation préférée : la lecture

Mon rêve de bonheur : m’épanouir heureuse avec ceux que j’aime

Quel serait mon plus grand malheur ? Perdre ceux que j’aime

A part moi -même qui voudrais-je être ? Marie Curie

Où aimerais-je vivre ? Sur un petit nuage, à Londres, Paris, Tokyo, en Bretagne ou en Normandie

La couleur que je préfère : rouge-orangé

La fleur que j’aime : le jasmin (la fleur d’oranger, le muguet et la violette)

L’oiseau que je préfère : le phénix

Mes auteurs favoris en prose : Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Charles Juliet, Léon Tolstoï, Yukio Mishima…

Mes poètes préférés : Charles Beaudelaire, Louis Aragon, Philippe Jacottet, Marina Tsvetaeva…

Mes héros dans la fiction : Les héros des romans russes, Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum de Süskind, Le Petit Prince de Saint-Exupéry…

Mes héroïnes favorites dans la fiction : “L’enfant” dans L’amant de la Chine du Nord de Duras, Laïla dans Poisson d’Or de JMG Le Clézio…

Mes compositeurs préférés : Frédéric Chopin, Jean-Sébastien Bach, Joseph Haydn, Jérôme Ducros…

Mes peintres préférés : Fragonard, Ingres, Delacroix, Klimt, Picasso…

Mes héros dans la vie réelle : Robert Badinter, Gandhi, Louis Pasteur, Albert Jacquard…

Mes héroïnes préférées dans la vie réelle : Gerda Taro, Lou Andreas-Salomé, Marie Curie, Simone de Beauvoir…

Mes héros dans l’histoire : Victor Hugo

Ma nourriture et boisson préférée : les pâtisseries orientales, le sirop de violette et le thé

Ce que je déteste par-dessus tout : l’hypocrisie

Le personnage historique que je n’aime pas : le despote

Les faits historiques que je méprise le plus : les faits militaires

Le fait militaire que j’estime le plus : aucun

La réforme que j’estime le plus : je ne sais pas

Le don de la nature que je voudrais avoir : des ailes pour virevolter

Comment j’aimerais mourir : paisible et heureuse

L’état présent de mon esprit : pensif

La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : mentir pour protéger

Ma devise : “J’ai trouvé ma devise – deux verbes auxiliaires : être vaut mieux qu’avoir” Marina Tsvetaeva, in Vivre dans le feu.

Music : Falling Man de Blonde  Redhead.

Page suivante »


Les butinages de l’Abeille

Je lis : L'amant de Lady Chatterley
J'écoute : Explosions in the sky
Je regarde : Dans Paris

Calendrier :

décembre 2009
L Ma Me J V S D
« oct    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Vieux papiers

Ames vagabondes

  • 853 bruissements d'ailes